Prendre soin de sa santé veut également dire faire attention à sa santé bucco-dentaire. Trop souvent délaissée en dehors des douleurs, la cavité buccale est en lien direct avec l’ensemble de l’organisme. Ainsi, elle peut signaler des maladies générales ou inversement en être la cause. Alors pour garder la forme, prenez soin de vos dents !
Quel est le rôle du chirurgien-dentiste ? Soigner vos dents bien entendu, mais pas seulement comme le souligne le Pr. Claude-Bernard Wierzba qui estime que “la cavité buccale ne doit pas être considérée comme un élément anatomique isolé, indépendant“. Il va plus loin en estimant que “Chaque chirurgien-dentiste ne peut exercer correctement sa profession sans connaître l’interdépendance de la pathologie bucco-dentaire et de la pathologie générale, et sans être conscient du rôle primordial qu’il tient dans le dépistage et la prévention“.
Des lésions buccales signalent des maladies générales
Car un grand nombre d’affections de la bouche ou des dents relèvent d’un problème de santé générale, constitue le symptôme d’une maladie. Ainsi, le spécialiste des dents se trouve en première ligne pour dépister et prévenir certaines pathologie. Face à certaines lésions, il peut demander de plus amples examens diagnostiques et initier un traitement. “En dermatologie buccale et péri-buccale, il représente souvent le premier maillon de la chaîne thérapeutique. Il peut par exemple détecter des lésions buccales précancéreuses ou cancéreuses, ou encore des lésions opportunistes ou spécifiques de l’infection par le VIH ou les pathologies du SIDA“ précise ainsi le Pr. Claude-Bernard Wierzba. De la simple lésion aphteuse aux manifestations buccales du SIDA, le chirurgien-dentiste doit donc examiner, interroger, et diagnostiquer.
Ainsi, les manifestations buccales telles que les candidoses, l’herpès récidivant, la maladie de Kaposi sont caractéristiques des patients VIH ; les différentes formes de lichen (infection microbienne) peuvent être observées lors de pathologies hépatiques ; les atteintes des gencives et des structures qui assurent le soutien de la dent (parodontopathies) évoquent du diabète…
Des troubles bucco-dentaires à l’origine de maladies générales
Inversement, la bouche peut constituer une porte d’entrée pour une maladie infectieuse qui aura des répercussions dans d’autres parties de l’organisme. Toute lésion buccale peut ainsi transmettre un phénomène infectieux à l’organisme par propagation d’un germe ou d’une bactérie véhiculée par le sang à partir de la bouche jusqu’à un autre organe.
Ces répercussions peuvent être graves, c’est le cas par exemple pour les endocardites infectieuses (inflammation de la tunique interne du coeur) peut entraîner le décès du patient.
Du fait de ses lésions dangereuses, le chirurgien-dentiste doit rester extrêmement vigilant. “Une observation précise des lésions et des examens complémentaires permettent aujourd’hui de mieux connaître les affections caractéristiques de certaines pathologies générales, ou bien de localiser une lésion spécifique à l’origine de manifestations à distance et donc de mieux les traiter“ conclut le Pr. Claude-Bernard Wierzba.
Tabac : l’ennemi de votre santé dentaire
Lors du congrès de l’Association dentaire française, l’attention a également été portée sur les méfaits du tabac sur la santé bucco-dentaire. Le Dr Christine Romagna-Genon rappelle que face aux méfaits du tabac, la bouche est concernée en premier lieu. Gestes de succion et d’aspiration, fumée aux composants nocifs, dépôts polluants et irritants sont autant de méfaits pour les dents et les muqueuses.
Au-delà de la coloration dentaire, de la mauvaise haleine et de l’augmentation de la quantité de tartre, les patients fumeurs ont plus de difficultés à maintenir une bonne hygiène buccodentaire du fait de l’action du goudron et des autres composants de la fumée de cigarette sur la flore buccale, les moyens de défense et de cicatrisation de la muqueuse et l’altération de la micro-circulation sanguine.
Les études démontrent ainsi que les fumeurs présentent un risque de perdre leurs dents 6 à 7 fois plus élevé que les non-fumeurs, conséquence des maladies parodontales qu’ils sont prédisposés à développer de façon sévère. Les résultats des traitements de ces maladies sont moins bons chez les fumeurs, en raison de l’altération de la cicatrisation de leurs tissus osseux et gingivaux.
Selon le Dr Christine Romagna-Genon, le chirurgien-dentiste, au même titre que le médecin généraliste, se trouve particulièrement bien placé en tant qu’acteur efficace et crédible dans les démarches de sensibilisation à l’arrêt du tabac, insistant plus sur les objectifs “esthétiques“ (bonne haleine, dents blanches…) de la santé bucco-dentaire moins effrayants et menaçants que les risques de mortalité souvent évoqués.
David BêmeSource : Communiqués de presse du congrès 2005 de l’ADFClick Here: NRL Telstra Premiership